Si la transition énergétique relève du pur discours dans la plupart des pays africains, c’est une réalité au Mali grâce au projet Hydroma. Cette compagnie créée en 2006 par le milliardaire Aliou Boubacar Diallo transforme en électricité propre l’hydrogène naturel, une ressource totalement vertueuse. 

Comme un effet de mode sur le continent, les dirigeants africains prennent à tour de rôle des engagements en faveur de la transition énergétique. Mais, le fossé est encore trop grand entre leurs discours et la réalité. Paradoxalement, ce sont les acteurs privés qui posent des actes concrets.

L’un des plus connus en Afrique est Aliou Boubacar Diallo,présenté aujourd’hui comme le pionnier de l’hydrogène naturel, une ressource totalement propre. En effet, elle est abondante sur terre et renouvelable. De plus, sa fabrication n’émet aucun CO2 et ne coûte pas cher, si l’on en croit le milliardaire malien qui finance lui-même sa révolution énergétique.

Depuis 2012, sa compagnie Hydroma transforme l’hydrogène naturel en électricité verte grâce à une unité pilote non commerciale installée près du village de Bourakébougou.

Beaucoup d’hydrogène dans le cratère ouest africain 

En huit années de forages, l’entreprise d’Aliou Diallo a identifié une vingtaine de puits positifs dans le cercle de Kati. Elle a surtout pu confirmer, dans son rapport 51-101 du 1er juillet 2020, l’existence de plus de 700 milliards de mètres cube dans la région de Bourakébougou.

Ce qui laisse supposer un important réservoir d’hydrogène naturel au Mali. Dans son numéro 42 d’octobre 2018, la revue scientifique Elsevier (ScienceDirect) évoque une gigantesque découverte sous le cratère ouest africain. Au regard de la superficie du Mali (1 241 238 km2), on pourrait aisément parier que le Mali deviendra un gros producteur d’hydrogène naturel au monde, dans les années à venir.

Aliou Diallo, lui, y croit fermement et compte conduire cette révolution énergétique sur le continent.

« On peut être la première économie décarbonée du continent africain »

Le milliardaire malien nourrit de grandes ambitions. Il souhaite redonner à son pays son indépendance énergétique et lancer véritablement son industrialisation. Aussi, pré voit-il la construction d’un train à hydrogène naturel pour relier la capitale Bamako à sa ville natale Kayes.

Il veut en outre fabriquer des piles à combustibles pour la mobilité légère et lourde. Par ailleurs, Aliou Diallo envisage de produire de l’engrais à partir de l’ammoniac en mélangeant l’hydrogène à de l’azote. S’il réussit tous ces projets, le PDG d’Hydroma pourrait faire du Mali une référence sur de nombreux plans.

« On peut être la première économie décarbonée du continent africain, le premier pays à faire rouler les trains à hydrogène, le premier pays avec des voitures à hydrogène et le premier à produire de l’électricité avec de l’hydrogène », a énuméré Aliou Diallo.

Le Mali, futur fournisseur d’hydrogène en Europe ? 

Parallèlement à l’hydrogène naturel, Hydroma se lance dans la production de l’hydrogène vert. La compagne est en train de construire de vastes champs de panneaux solaires dans une dizaine de pays, dont le Sénégal, le Mali et la Mauritanie.

Toute cette production ira en priorité dans les pays d’Afrique de l’ouest. Mais Aliou Diallo a prévu la construction d’un pipeline de 4700 kilomètres, de Bourakébougou jusqu’aux portes de l’Espagne, pour approvisionner l’Europe. Cette offre devrait contenter des pays comme la France où la production d’hydrogène pourrait ne pas suffire en raison d’une forte demande.

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